« Vous l’évaluez à combien la douleur? »

Le Roc doit se confesser : je ne suis définitivement pas un roc dans cette grossesse, malgré ce que j’ai pu penser 6 mois durant. Le cap du 3ème trimestre de grossesse a été fatal : mal de dos, puis prétendue sciatique. Et la semaine dernière, mon hospitalisation pendant 6 jours pour une phlébite, aussi appelée « thrombose veineuse profonde ». C’est pourquoi je parle de prétendue sciatique, qui finalement n’était peut-être que les prémisses de ma TVP (« Tout Va Pas bien », dixit Doudou).

Après plusieurs jours à me plaindre auprès de qui veut l’entendre, à gémir (« j’ai maaal… »), samedi dernier, j’ai appelé SOS Médecins. Avec toutes les émissions autour de l’engorgement des services d’urgence et tous-ces-gens-qui-vont-inutilement-aux-urgences-plutôt-que-voir-leur-médecin-traitant, j’ai préféré engorger SOS Médecins. Beaucoup de gens doivent raisonner comme, tant et si bien que j’ai attendu 4 heures. Une fois arrivé, M. le Médecin a appelé instantanément les urgences.

J’ai passé 6 jours à l’hôpital, donc 3 et demi alitée, avec interdiction de me lever afin que le caillot ne migre pas dans l’attente que l’anticoagulant produise son effet. Qui dit alitée, dit: être alitée pour faire mes besoins, pour me laver à la bassine et au gant (avec l’incertitude qu’à tout moment une infirmière entre dans la pièce), à appeler pour que l’on remplisse ma carafe d’eau, à ne pouvoir baisser et monter mon rideau comme je le souhaite. Bref, l’alitement, 3 jours et demi, ça va, mais les personnes alitées pendant plusieurs mois ont tout mon respect.

Nul ne sait pourquoi j’ai eu une phlébite. Parce que j’aime bien croiser mes jambes et prendre des positions de Yogi, peut-être. Parce que Bébé fait nawak dans mon corps, se rebelle et se tournicote le derrière afin de boucher mes veines (« Bébé, c’est une tentative de suicide!!! Mon sang est ton sang, banane. »).

Il n’empêche que j’ai vécu pleins de sensations avec Bébé pendant ces quelques jours. Forcément inactive, forcément centrée sur moi-même, Poupée s’est manifestée à de nombreuses reprises par des coups de pied plus ou moins toniques. Et tous les jours, vers 10 heures, la petite séance de monitoring me permettait d’écouter son coeur. J’avais envie de dire : « Plus fort! ». Tous les jours. Ce luxe, l’hospitalisation.

Je suis finalement rentrée chez moi vendredi après-midi. Doudou avait pris sa journée, et avait fait un grand ménage.

Depuis que je suis rentrée, j’ai peur. J’ai peur de dormir sur le côté, peur de plier trop longtemps mes jambes, d’être assise trop longtemps, d’être debout trop longtemps (je suis perdue dans mon corps!). J’ai peur quand je me réveille avec des fourmillements dans le bras. J’ai peur quand je vois mes veines apparentes sur le ventre, et que je prends une douche trop chaude. J’ai peur quand je ne mets pas mes bas de contention pendant plusieurs de 25 minutes d’affilée (c’est le gang JSMB – Jamais sans mes bas!). J’ai peur de ne pas comprendre comment doser mes piqûres. J’ai peur d’en louper une. Et puis j’ai peur pour Bébé, que Bébé ne souffre pas trop, que Bébé ne ressente pas cette peur et vive plein d’allégresse sa phase de rebellion « J’ai bouché tes veines ». T’as raison, je ne me suis pas assez rebellée contre mes parents, ne fais pas comme moi. La vie reprend. La vie continue, plutôt. Et dès demain, il faut que je trouve une bonne raison de me lever chaque matin, et que je m’occupe jusqu’à ce que Bébé soit là. Le boulot, c’est fini une fois pour toutes, cette fois. Il faut que je pense à nous deux.

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