2017, l’année de la famille recomposée

On a fêté Noël. On a fêté la nouvelle année. Suite à ma phlébite, tout s’est fait chez nous et très, trop tranquillement. Je n’ai pas pu écrire plus tôt car les grands-parents grenoblois ont passé près de 15 jours à la maison. C’est compliqué pour moi de continuer une vie normale lorsqu’ils sont présents.

L’avantage, c’est que Bébinou a été méga gâtée!

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Tout s’accélère en ce début d’année : Bébinou doit arriver dans un mois et demi à peu près. Nous ne sommes vraiment pas prêts mais tout est « in process ». On sait ce qu’on veut acheter, mais on ne fait pas encore le pas de faire le chèque! Je suis partagée, à la fois l’envie de te rencontrer, te rencontrer vite, te prendre dans mes bras et faire ta connaissance. Mais je sais aussi que je vais regretter de ne pas avoir profité davantage de ces moments de PLENITUDE de la grossesse: ces moments où tu es allongée dans ton lit, la main sur le ventre, et où tu souris, seule, parce que Bébinou te donne un coup bien déterminé; et bien sûr, personne ne t’en veut d’être une loque, car tu es enceinte! Sans compter le nombre de files d’attente squizzées chez Intermarché et les trajets en bus qui n’ont plus la même saveur. Enceinte, tu as une aura particulière pour les gens que je n’explique pas encore.

Donc 2017 sera l’année de la famille recomposée. L’année où, la « belle mère sans être maman » va devenir maman. C’est vrai que je ne l’ai pas précisé, mais Doudou a deux enfants d’une précédente union. Deux enfants qui, alors que je me targuais AUX YEUX DU MONDE (au moins!) que je n’aurai vraisemblablement jamais d’enfant, m’ont donné envie d’en avoir. Deux enfants avec qui j’ai appris que je savais m’occuper d’un enfant car, avec un peu de jeu et beaucoup d’écoute, les enfants ne sont pas aussi compliqués que nous bande d’adultes. J’ai appris avec eux que j’avais de l’amour à donner, et que j’étais une grosse gamine. J’ai appris aussi que lorsque ça n’allait pas, on pouvait compter sur moi. Que j’ai parfois de bonnes idées de travaux manuels (paie tes menus faits main à Noël!) et que je suis plus patiente que je n’en ai l’air.

Mais au-delà de tout, j’ai fréquenté l’amour entre deux parents et deux enfants, et l n’y a rien de plus beau. Avec du recul, bien sûr, car « je ne suis pas ta mère » et « tu n’es pas mon fils ». Mais un amour pur et constant. Vous m’avez donné envie de vivre cet amour, et vous m’avez donné confiance en mon potentiel de potentielle maman.

Je ne sais pas si c’est normal, mais depuis ce projet de bébé, je mute. J’apprends la cuisine, je prends davantage soin de moi, et j’en passe. J’ai envie d’être une bonne maman. Je sais qu’on peut être une TRES bonne maman et manger de la purée tous les jours, mais je ne sais pas pourquoi cela est important pour moi que Bébinou mange bien. Alors voilà, peut-être que je me bonifie avec le temps!

2017, bonjour! J’entre dans mon 8ème mois ce jour :

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Avec mes dix doigts pour toi

Bonjour mon Bébé,

J’ai fait quelques petites choses pour toi. Mes mercredis soirs de couture à St Merri l’an passé n’ont pas servi à rien! Même si j’utilise un dixième de ce que j’ai appris. Je vais progresser, et peut-être qu’un jour, ou l’autre, je parviendrai à te faire un costume de carnaval coccinelle (ou princesse, selon).

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* J’ai commencé par le bavoir. Je n’ai pas trouvé mon bonheur sur Internet, mais quelques idées ça et là, tant et si bien que j’ai créé mon propre patron au final. Pour un bavoir, un jeu d’enfant me direz-vous! Eh bien que nenni, j’ai réussi à le rater, le cou est minuscule. Vais-je étrangler mon bébé??? Ma belle-mère m’a néanmoins rassurer : « Pour les touts-petits, en général on n’accroche pas. » C’est donc un nouveau concept : je n’ai ajouté ni scratch, ni pression, ce sera un BAVOIR OUVERT.

* Ensuite, la couverture pour bébé. Je l’avais déjà fait lors d’un cours de couture chez Brin de Cousette. La vérité, c’est que l’envie d’enfant me turlupinait déjà, mais « pour conjurer le mauvais sort », j’ai offert la couverture pour bébé à une amie. Qui a dû la jeter. Je l’ai refait, en hibou. J’adore les hiboux depuis que je suis enceinte. Les vendeurs de tissu aussi adorent les hiboux (voir ci-dessus/ous).

* Le must, mon petit préféré, mon accessoire que j’adore, et que j’ai adoré faire, et qui est trop parfait (pas trop compliqué, ni trop long, et super valorisant), c’est mon sac à langer, que j’ai trouvé ici. Il est super chouette à faire, ça va plutôt vite (avant que je me décourage, en fait, ce qui est relativement rapide en général!), et les étapes sont bien expliquées.

DSC_0787.JPGEt oui, il est aussi à la mode hibou!!! Eh non, je n’aurai pas honte dans la rue, c’est promis. Il contient des poches extérieures, des poches intérieures, un attache tétine, et des accroches pour la poussette. Je n’ai pas encore d’enfant (hors de mon ventre, j’entends), mais de loin et sans s’y connaître, il semble bien pratique.

* Et enfin, fini il y a deux jours, la barboteuse Alice de chez Frou-Frou Mercerie. Je ne ferai pas une pub très terrible pour le patron ni le livre, donc je vais m’abstenir. Il y a des erreurs ici et là, rien que dans les mesures des tissus. Et toutes les références du bouquin vous font acheter outre mesure chez Frou-Frou parce que c’est bien pratique pour nous et que cela fait marcher leur petit commerce. Je suis assez déçue de mes hormones qui m’ont fait acheter à outrance vers 4-5 mois de grossesse. Bon, au final, le résultat n’est pas si mal…

DSC_0788.JPG…avant que Doudou ne me dise (il s’y connaît, je vous raconterai) : « De toute façon, ça gratte, elle ne le mettra pas. » Et BIM.

Que faire si vous êtes arrêtée, avec un gros ventre, et une faible endurance.

J’ai une peur un peu maladive de passer mes journées à ne rien faire. Je suis de ces gens qui culpabilisent VITE. Qui aiment à se dire « Je suis utile » (sachant que dans le fond, les gens s’en foutent). J’ai donc mis à jour sur mon téléphone mon agenda : j’ai supprimé l’ensemble de mes rendez-vous professionnels et ajouté l’ensemble de mes rendez-vous médicaux (eh oui, j’ai plongé du côté de l’hyper médicalisation de la grossesse après mon hospitalisation). Et et et, mes objectifs quotidiens. J’ai des objectifs quotidiens.

  1. Je prends des cours de cuisine sur Internet (autrement appelé MOOC) ET C’EST TROP BIEN.

Le cours s’intitule les 101 techniques de base. Et en effet, ça reprend la base de la base (comment j’épluche une carotte de façon réglementaire) mais aussi des trucs hyper compliqués (je n’ai rien compris au cours sur les fonds de sauce que j’ai fait hier) mais bien expliqués, et qui font que le MOOC doit convenir aux moins boulets que moi. Je n’en suis qu’à la semaine 2, alors que le cours est déjà fini et celui sur la pâtisserie a débuté. Si c’est pas trop moche et bloggable (à prononcer « bloggabeule » bien sûr), je vous ferai part des recettes effectuées grâce au cours. En tous cas j’adore l’idée de me bonifier avant la naissance de ma fille en parfaite mère de famille. Bon, ok, c’est très convenu.

2. Ce qui engendre le numéro 2 : J’apprends à faire à manger.

Marmiton et le Journal des femmes sont mes amies, ainsi que le blog Papilles et Pupilles qui m’inspire de bons miam miam. Fondant au chocolat, risotto aux petits pois, Saint Jacques rôties au lait de coco,… bref, j’apprends, tant que j’arrive à tenir debout et que la petite famille supporte mes « 1ères fois ».

3. Je mets en pratique mes cours de couture pour la choupinette.

J’ai pu faire un sac à langer hibou, une couverture hibou (j’ai un truc avec les hiboux non?), un bavoir (il est très moche) et vient de terminer une petite barboteuse. La couture pour un bébé, c’est chouette. Il y a pleins de choses à faire (accessoires, habits et surtout choses inutiles). Les tissus sont rigolos. Internet est une mine d’or et tout est facile à trouver.

4. Je regarde la Maison des Maternelles tous les matins.

C’est mon petit rituel petit-déjeuner. J’avoue que l’équipe des Maternelles me manque. Que j’adorais regarder cette émission alors même que j’étais TSE (Tous Sauf Enceinte). Que parfois je regardais des replays en cachette quand les sujets me touchaient plus ou moins (la place dans la fratrie, les familles recomposées, oui oui ça me touche). Mais je regarde, j’aime bien les tutos d’Hafida et j’apprends grâce aux invités et aux expériences de parents. Et il est vrai que j’ai peu de « mamans récentes » dans mon entourage pour échanger, donc on va dire que ça compense.

5. Je trie mes photos.

Eh oui, j’ai deux ans de retard d’album photo, donc c’est trop bien car cela va me prendre un petit moment! « On était dans quel ville du Portugal déjà quand tu faisais semblant de sauter du toit? » La recomposition de nos vacances risque d’être paranormale!

Mais comme avec tout ça il y a quand même des moments de battement, j’ai lu l’Archipel du Goulag. Happy.

« Vous l’évaluez à combien la douleur? »

Le Roc doit se confesser : je ne suis définitivement pas un roc dans cette grossesse, malgré ce que j’ai pu penser 6 mois durant. Le cap du 3ème trimestre de grossesse a été fatal : mal de dos, puis prétendue sciatique. Et la semaine dernière, mon hospitalisation pendant 6 jours pour une phlébite, aussi appelée « thrombose veineuse profonde ». C’est pourquoi je parle de prétendue sciatique, qui finalement n’était peut-être que les prémisses de ma TVP (« Tout Va Pas bien », dixit Doudou).

Après plusieurs jours à me plaindre auprès de qui veut l’entendre, à gémir (« j’ai maaal… »), samedi dernier, j’ai appelé SOS Médecins. Avec toutes les émissions autour de l’engorgement des services d’urgence et tous-ces-gens-qui-vont-inutilement-aux-urgences-plutôt-que-voir-leur-médecin-traitant, j’ai préféré engorger SOS Médecins. Beaucoup de gens doivent raisonner comme, tant et si bien que j’ai attendu 4 heures. Une fois arrivé, M. le Médecin a appelé instantanément les urgences.

J’ai passé 6 jours à l’hôpital, donc 3 et demi alitée, avec interdiction de me lever afin que le caillot ne migre pas dans l’attente que l’anticoagulant produise son effet. Qui dit alitée, dit: être alitée pour faire mes besoins, pour me laver à la bassine et au gant (avec l’incertitude qu’à tout moment une infirmière entre dans la pièce), à appeler pour que l’on remplisse ma carafe d’eau, à ne pouvoir baisser et monter mon rideau comme je le souhaite. Bref, l’alitement, 3 jours et demi, ça va, mais les personnes alitées pendant plusieurs mois ont tout mon respect.

Nul ne sait pourquoi j’ai eu une phlébite. Parce que j’aime bien croiser mes jambes et prendre des positions de Yogi, peut-être. Parce que Bébé fait nawak dans mon corps, se rebelle et se tournicote le derrière afin de boucher mes veines (« Bébé, c’est une tentative de suicide!!! Mon sang est ton sang, banane. »).

Il n’empêche que j’ai vécu pleins de sensations avec Bébé pendant ces quelques jours. Forcément inactive, forcément centrée sur moi-même, Poupée s’est manifestée à de nombreuses reprises par des coups de pied plus ou moins toniques. Et tous les jours, vers 10 heures, la petite séance de monitoring me permettait d’écouter son coeur. J’avais envie de dire : « Plus fort! ». Tous les jours. Ce luxe, l’hospitalisation.

Je suis finalement rentrée chez moi vendredi après-midi. Doudou avait pris sa journée, et avait fait un grand ménage.

Depuis que je suis rentrée, j’ai peur. J’ai peur de dormir sur le côté, peur de plier trop longtemps mes jambes, d’être assise trop longtemps, d’être debout trop longtemps (je suis perdue dans mon corps!). J’ai peur quand je me réveille avec des fourmillements dans le bras. J’ai peur quand je vois mes veines apparentes sur le ventre, et que je prends une douche trop chaude. J’ai peur quand je ne mets pas mes bas de contention pendant plusieurs de 25 minutes d’affilée (c’est le gang JSMB – Jamais sans mes bas!). J’ai peur de ne pas comprendre comment doser mes piqûres. J’ai peur d’en louper une. Et puis j’ai peur pour Bébé, que Bébé ne souffre pas trop, que Bébé ne ressente pas cette peur et vive plein d’allégresse sa phase de rebellion « J’ai bouché tes veines ». T’as raison, je ne me suis pas assez rebellée contre mes parents, ne fais pas comme moi. La vie reprend. La vie continue, plutôt. Et dès demain, il faut que je trouve une bonne raison de me lever chaque matin, et que je m’occupe jusqu’à ce que Bébé soit là. Le boulot, c’est fini une fois pour toutes, cette fois. Il faut que je pense à nous deux.

En attendant Poupée

Qui suis-je? Mona, 28 ans, de Paris.

Bon ok, je vais en dire davantage…

Depuis quelques jours, je suis dans mon canapé, la télé en fond, après un début de grossesse assez idyllique. Depuis que je suis enceinte, j’ai les doigts en « V » en me vantant auprès de qui veut bien l’entendre que « je vais très bien », « je sens beaucoup Bébé et c’est magique! A moi les nuits les mains sur le bidon à l’écouter et la caresser » et que « j’ai beaucoup de chance de ne pas avoir été malade ». J’en étais même à me dire que, vu que j’étais un roc et que je suis une Meuf tellement courageuse, que j’irai au bout, que le congé pathologique « c’est bien pour les autres » et même que si Dieu le veut (WTF), je réduirai mon congé pré-natal au profit de mon congé post-natal pour profiter de Bébé comme jamais ET BLA ET BLA ET BLA.

Que de foutaises. Je suis vraiment naïve.

Vendredi dernier, gynéco : arrêt pour lombalgies. Hier, médecin de quartier (que je ne connaissais pas, je ne suis jamais malade car rappelez-vous, je suis un roc) : sciatique.

J’appelle ma mère. J’ai besoin de ses conseils, je sais qu’elle a souvent des maux de dos. Ma mère qui me dit : « Oui j’ai eu une sciatique à chaque grossesse. » Mais c’est merveilleux, tu vas pouvoir m’aider, tes conseils sont précieux maman. Alors elle me dit : « Bah j’ai rien fait, j’ai continué de travailler. Et puis j’ai attendu que ça passe. »

Alors voilà, le verdict. Je suis une chochotte. A l’évidence. Il faut préciser qu’à l’époque ma mère travaillait avec des enfants handicapés, ce qui me fait me sentir encore plus faible.

Une chochotte qui va avoir beaucoup de temps à battre si son arrêt de travail continue, et qui souhaitait s’embarquer dans ce vaste projet : tenir un blog. Eh oui, depuis lundi, je parcours les vies de bloggeuses enceintes et je trouvais ça cool. Je peux être une chochotte cool.